Conférence de Ron Block (IBMA octobre 2004)
Présenté par
Christopher Howard-Williams


Conférence de Ron Block à IBMA en octobre 2004, sur le sujet : " C'est quoi le bluegrass et quel peut / doit être son avenir ?"
Traduit par Christopher Howard-Williams et reproduit avec permission :
"Christopher,
By all means, do so! I only ask, though I'm sure I don't need to, that you be as accurate as possible in translating.
Best to you, Ron"

Introduction
La question se pose souvent : "qu'est-ce que c'est le bluegrass?" Je n'ai pas encore trouvé une réponse qui me convient. Vu sous son image de tous les jours, c'est une forme musicale, initiée dans les années 40 par Bill Monroe et ses acolytes, jouée avec mandoline, violon, guitare, basse et banjo ; duos, trios, quatuors gospel ; costumes ; fiddle tunes ; etc. Nous reconnaissons tous cette apparence externe et je n'ai pas besoin d'en dire plus. Je sais qu'il y en a ici qui en savent plus que moi sur son histoire.
Mais encore, une bonne compréhension de cette musique est indispensable pour assurer son bien-être à l'avenir. Je parcours de temps en temps le forum de Bluegrass-L et j'y lis de quoi nourrir l'esprit depuis pas mal d'années (même si c'est parfois du "junk food" !). Tout cela m'a conduit à réfléchir davantage et plus précisément à ce qui donne son âme à cette musique. La grande variété des réponses à la question "c'est quoi le bluegrass" montre bien qu'il s'agit là d'une question complexe et subjective. Certains disent qu'une chanson ne peut pas être bluegrass s'il n'y a pas de banjo, ce qui élimine une grande partie du répertoire des frères Monroe ! D'autres englobent tout depuis la Carter Family jusqu'aux Flektones dans la catégorie bluegrass.
Il y a quelques zones de certitude : James Taylor et AD/DC ne sont pas bluegrass, alors que Flatt & Scruggs et les Johnson Mountain Boys le sont. Mais en général, j'ai trouvé que toute tentative de définition plus précise ne nous éclaire guère à cause de notre subjectivité humaine, où chacun apporte ses propres et uniques expériences au débat.
Alors, j'ai décidé d'aborder la question autrement.
Tradition et Imitation
Quels sont les quelques éléments qui constituent le coeur de la musique ? Quelles sont les quelques vérités que l'on peut apprendre et assimiler de la musique des pionniers ? La bonne santé et le développement du bluegrass dans les prochaines années dépendent en partie d'une compréhension et d'une application consciente de la part de quelques individus de ces vérités sous-tendant la musique.
J'aperçois trois idées de fond. La première, c'est l'amour et le respect des racines. Je viens de relire The Bluegrass Reader de Thomas Goldsmith et quelques citations de Bill Monroe m'ont frappé :
"J'ai toujours été fier des gens de mon pays d'origine dans le Kentucky ; d'avoir grandi comme ça à la campagne, d'avoir appris ce qu'était réellement la musique Old Time et de l'avoir étudié depuis ma plus jeune enfance…"
"On visitait cette vielle maison, la maison Lizer, et cet homme … jouait du violon… On y allait à pied et il y avait du monde qui écoutait … je trouvais la musique très jolie … des morceaux comme Turkey in the Straw et tout ça. Ils jouaient Cacklin' Hen, il le jouait bien. C'était quelque chose d'y aller, on savait qu'on allait entendre de la musique dans la soirée."
"La première fois … que j'ai vu Arnold Schultz … c'était pour une square danse à Rosine, KY, et Arnold était venu avec deux autres noirs pour jouer à la danse… Il jouait avec beaucoup de puissance. Pour suivre un fiddle tune ou une breakdown, il utilisait un médiator et il passait d'un accord à l'autre si joliment. J'y ai joué avec lui pour une danse une fois - il avait son violon. On a commencé au coucher du soleil et à l'aube il jouait toujours - toute la nuit.
"Uncle Pen a joué du violon toute sa vie. Pendant ses derniers jours dans le Kentucky, on allait jouer avec lui partout où il y avait besoin d'un duo violon-guitare pour les square danses. Les gens débarrassaient la salle et on y jouait. On gagnait trois ou quatre dollars chacun - il me donnait toujours la même chose qu'il prenait pour lui. Si c'était six dollars, il m'en donnait trois. Vous n'avez jamais vu un coup d'archet comme le sien - c'était le meilleur. Comme il savait faire le shuffle !"
J'entends une grande émotion dans ces souvenirs, une grande amour et un respect profond pour les traditions de son enfance. Ce sont les mêmes traditions si importantes pour les fondations de la musique qu'il a créée dans les années 30, 40 et au-delà. Ces sons et ces images ont mis le feu à la mèche de sa passion.
Quand j'ai commencé à apprendre le banjo et la guitare en Californie du sud dans les années 70, début 80, John Hickman m'a fait explosé la tête en me faisant écouter des bandes des concerts de Flatt & Scruggs, Jimmy Martin, JD Crowe et les autres. J'étais accro et j'ai appris à aimer et à respecter le côté traditionnel du Bluegrass. C'était une période en Californie où la musique avait tendance à s'éloigner des racines - certains, comme moi, ont réagi en se plongeant davantage dans la source. J'ai passé plusieurs années à n'écouter pratiquement que du Bluegrass traditionnel et à travailler pendant des heures les solos de Earl Scruggs, JD Crowe, Larry Sparks, George Shuffler, Clarence White et les autres. Ce sont les bases pour le développement de tout musicien et je sais que je ne suis pas le seul à dire ça. Et après toutes ces années, je continue encore à étudier cette musique des pères fondateurs.

La Percée : puisque je ne peux pas être comme __________, je vais être moi-même.
Pourtant, l'imitation a ses limites. Il vient le temps lorsque nous nous rendons compte que nous ne pourrons jamais jouer comme nos héros. J'ai dû accepter qu'il n'y a qu'un Earl Scruggs, un seul JD Crowe, un Larry Sparks, un Clarence White etc. D'autres m'ont raconté comment ils ont découvert leur identité musicale propre parce qu'ils n'ont pas pu réaliser leur but de devenir comme leur modèle.
J. D. Crowe: "Quand tu vieillis tu finis par te rendre compte qu'il est impossible de faire mieux que quelqu'un dans son jeu. Earl l'a déjà fait. Il y est allé, il a tout démarré. Ce qu'il fallait faire, et ce que j'ai fait, c'est prendre ce que tu peux prendre de lui et y incorporer tes propres idées. Tu commences à y apporter tes propres licks. J'ai commencé à entendre des choses que je savais faire mais que lui ne faisait pas."
Bill Monroe: "Il y a des trucs dans ma musique, tu sais, qui viennent d'Arnold Schultz - des licks que j'utilise beaucoup. Je ne dis pas que je les fais comme lui il pouvait faire, car il avait de la puissance. Il utilisait un médiator et changeait d'accord si joliment. Aucun guitariste ne sait faire ça aujourd'hui.
Tony Rice: "Pendant plusieurs années, j'ai essayé de jouer comme Clarence White … et bien sûr, j'ai compris que c'était impossible. Alors je me disais que je pourrais m'y rapprocher le plus possible et c'est comme ça que je suis arrivé à mon son à moi… Le processus s'est répété pendant plusieurs années jusqu'à arriver à ma propre identité musicale… tout en gardant tout le respect et l'admiration que j'aurai toujours pour Clarence White."
Le processus de l'imitation externe mène à une réalisation interne : je ne peux pas devenir mon héros ; je dois suivre mon chemin et trouver ma propre identité. C'est notre but à nous tous ; l'imitation n'est que l'école qui nous permet de réaliser ce but. Il faut passer quelques années à essayer de ressembler à nos modèles, comme un enfant imite ses parents avant de trouver sa propre personnalité.
Innovation
L'originalité est un facteur clé de la passion et de la pérennité du Bluegrass depuis le début. Bill Monroe, Lester Flatt, Earl Scruggs et les autres étaient loin d'être des traditionalistes ! Ils étaient tous des innovateurs radicaux ! Ils ont absorbé dans leur conscience les traditions et la musique de l'époque, et ils les ont ensuite recrachées sous une forme nouvelle et parfois choquant. Toute l'histoire du bluegrass est ainsi faite. Pensez à ces personnes et à leur musique révolutionnaire et jugez du peu : Reno et Smiley, qui ont innové au banjo et qui ont apporté une touche plus "country" aux vocaux de bluegrass ; Jim et Jesse ; les frères Osborne, qui ont introduit le lead vocal haut, des nouvelles chansons et le jeu de banjo de Sonny ; les Country Gentlemen, avec le chant décontracté de Charlie Waller et des suites d'accord plus complexes ; Clarence White qui, comme Scruggs, a donné un nouveau style pour un instrument lead et qui a défini ce que doit être la guitare lead dans le bluegrass ; JD Crowe et le New South qui nous a livré le disque de 1975 - faut-il en dire plus? Sans parler de Tony Rice, Jerry Douglas, Ricky Skaggs, Stuart Duncan, Hot Rize, Doyle Lawson and Quicksilver, Nashville Bluegrass band. Et ainsi de suite. Presque tous ces musiciens, vénérés aujourd'hui, ont commencé par imiter un modèle avant d'apporter d'autres éléments au son bluegrass, venant d'autres formes de musique. Cela fait des années que Tony Rice adore le jazz ; les influences et les goûts musicaux de Jerry Douglas sont innombrables ; Stuart Duncan est l'incarnation même du violon traditionnel et il écoute plein d'autres choses ; et JD Crowe aime le bon vieux rock n roll !
J.D. Crowe: "Si quelqu'un peut allumer la radio et reconnaître que c'est toi qui joue - c'est ça la clé : avoir un style et un son bien à toi. C'est la marque d'un pro. C'est ok de piquer des idées, mais tu ne veux pas être un clone."
Tony Rice: "J'espère que les jeunes joueurs en herbe pourront regarder ceci (cours vidéo) et avoir envie de jouer, non seulement ce qu'ils y trouvent comme musique, mais aussi les choses qu'ils entendent dans leur tête, sans avoir peur d'essayer une approche originale au jeu rythmique, au lead et à tous les aspects de la musique. Selon moi, ce serait un bien beau monde si davantage de personnes voulaient partager leur propre identité musicale. C'est à chaque musicien de chercher à se construire une identité de musicien."
Bill Monroe: "Le rythme dans ma musique - le bluegrass - est venu quand j'ai découvert le Muleskinner Blues et que j'ai commencé à le jouer. On ne le faisait pas comme Jimmy Rodgers. On le joue plus vite et on l'a mis dans la tonalité du violon. Nous le jouons dans ce tempo plus rapide, avec le drive… Quand nous avons démarré au Grand Ole Opry, nous avons joué Muleskinner Blues et John Henry. C'était nouveau pour les gens. Ils en redemandaient."
"Nous étions les premiers à porter une chemise blanche à l'Opry, et à mettre une cravate. Nous étions les premiers à jouer en si bémol, si et mi. Avant, tout était en do, ré, sol. Les violonistes faisaient la tête et ils n'osaient à peine essayer d'y aller. Mais ils ont compris que c'est là que je devais chanter. C'est comme ça que le Bluegrass a pu progresser."
"Il n'y a pas eu de quatuor au Grand Ole Opry avant nous."
Le Bluegrass, comme le Jazz, est une musique faite de premières, d'innovations et de ruptures avec les traditions. Pour que la musique puisse progresser, la créativité et les individus doivent progresser. Il y a des fois que l'on innove avec les formes existantes, dans le cadre de la tradition, comme font Jim Mills et Tom Adams ; à d'autres moments, on se met en rupture avec les traditions et on laisse exploser une forme nouvelle, comme les musiques Dawg et New Acoustic, créées par David Grisman, Tony Rice et les autres.
Lester Flatt: "Bill est venu me chercher et il m'a dit 'je veux que tu viennes écouter ce jeune banjoiste de la Caroline du Nord et que tu me dises ce que tu en penses.' Je lui ai dit qu'il n'avait qu'à laisser son banjo dans la caisse… Mais, backstage, j'ai vu toute une foule regarder ce gamin. Je me suis avancé afin de mieux l'entendre et le voir et j'étais stupéfait. Je n'avais jamais entendu le banjo sonner ainsi. Il jouait sur tout le manche et il faisait de ces trucs. C'était incroyable. Bill m'a dit alors 'qu'en penses-tu?' et je lui ai répondu 'si tu peux, tu l'embauches - à n'importe quel prix!'"
L'innovation et la créativité sont à la base du son bluegrass. Dans les enregistrements d'époque des concerts de Monore à l'Opry, on entend le public se déchaîner à chaque fois qu'Earl Scruggs prend un break - comme si c'était nouveau pour eux. Et ce l'était : personne n'avait jamais joué comme ça. Il avait inventé de nouvelles techniques de banjo impensables auparavant. Il avait assimilé les traditions avant d'y mettre en pratique sa créativité. Il expérimentait. Les bandes des concerts de Flatt & Scruggs montrent bien son expérimentation permanente.
Quelqu'un qui n'est pas rigoureusement traditionnel peut innover, tout en respectant le cadre de la tradition - même si, en général, il faut repousser les limites un peu. Pour ceux qui tiennent aux traditions, les innovateurs sont des hérétiques. Bill Monroe et Earl Scruggs étaient des hérétiques de la country music. Plutôt que de coller aux traditions du temps, ils ont choisi de créer une expression très personnelle de leurs propres influences et innovations. En fait, le mot "tradition" décrit quelque chose qui a été vénéré, copié et préservé dans le temps.
Voici une citation, que j'ai adaptée, de mon philosophe préféré de bluegrass, le guitariste jazz, Pat Metheny : "Afin de jouer [du bluegrass] en lui donnant du sens, tu dois raconter une histoire propre à toi, avec tes mots. Adopter les manières et les techniques d'un maître, avec ses effets et ses paroles … au nom de l'authenticité du style pur et idéal, te disqualifie d'office de chanter ta propre chanson. Pour moi, tout ce que je joue est … la manifestation de mes relations personnelles avec la musique… Je dirais que ceux qui sont reconnus parmi les meilleurs du genre [bluegrass] sont ceux qui ont réussi le mieux à traduire en son, leur réalité humaine. Tout comme eux, qui essayent de communiquer tout ce qu'ils ont trouvé de vrai, je fais pareil. Mais pour moi, la priorité est d'exploiter mes expériences et mon imagination afin de raconter mon histoire, car c'est la seule qui raconte la vérité - la qualité essentielle de toute musique qui résonne."
Si nous voulons faire comme les créateurs du Bluegrass, nous devons d'abord apprendre sa forme extérieure. Nous l'apprenons en l'écoutant et en l'imitant. Mais, tôt ou tard, nous pénétrons dans le coeur derrière la forme extérieure. A ce moment-là, l'imitation se transforme en exploitation de la musique comme moyen de raconter nos propres histoires, afin d'exprimer nos propres émotions. La musique la plus émotionnelle est aussi la plus honnête. Plus que tout autre chose, le Bluegrass a besoin de pratiquants qui osent innover et créer en prenant des risques ; des musiciens prêts à montrer, à travers leur musique, qui ils sont. Ce sont les qualités fondamentales qui sont au coeur du code génétique de cette musique depuis ses origines.
Au fond, cette musique est un paradoxe. On voit le paradoxe inhérent à travers le débat entre "puristes" et "progressistes" - comme s'il fallait être l'un ou l'autre. La tension qui existe dans la musique entre ces deux extrêmes est, elle-même, source de beaucoup de passion et de dynamisme dans le son bluegrass. La musique est fondée sur la tradition, mais elle lutte contre la tradition lorsque chaque nouvelle génération cherche à en faire une musique pertinente pour eux. C'est comme l'arbre qui tient en place grâce à ses racines, alors qu'il tend vers le ciel et se maintient droit dans le vent. Si les racines ne tiennent pas, l'arbre tombe et meurt ; si l'arbre cesse de croître, il est déjà mort.
Cela veut-il dire que je n'écoute plus du Bluegrass traditionnel ? Pas du tout. Quand je mets un disque de Bluegrass, le plus souvent ce sera J.D. Crowe, Jimmy Martin, Flatt & Scruggs, Bill Monroe - plutôt le coté traditionnel. Et j'adore écouter des musiciens comme Jim Mills et Tom Adams qui innovent en plein dans le cadre. La musique elle-même est en tension entre les deux extrêmes - la racine traditionnelle et l'esprit créatif. Sans sa racine, la musique perd son ancrage, sa réalité, sa puissance émotionnelle ; sans l'esprit créatif, elle se met à stagner dans la nostalgie, voire la parodie. La musique a besoin de ces deux cotés afin de rester vitale. Que l'on soit puriste, progressiste ou un peu des deux, on doit chercher son identité musicale et travailler l'expression de cela.
Le problème, c'est que, même s'il semble parfois moins risqué de se limiter à l'imitation, de reproduire ce qui a été fait et mis à l'épreuve, cela crée un terrain fertile pour la concurrence malsaine. Tant qu'on essaie d'écrire ou de chanter comme quelqu'un d'autre, on y rencontrera d'autres qui le font mieux. En revanche, quand vous trouvez votre propre expression de vous-même, personne ne peut vous faire de la concurrence parce que vous êtes devenu unique.
Pensez encore à Jerry Douglas, Stuart Duncan, Tony Rice. Rien qu'en citant ces noms, on se laisse vibrer par leur son et leur puissance émotionnelle. Ils ont dépassé le simple fait de jouer d'un instrument ; ils y expriment toute leur personnalité. C'est ce que nous devons tous faire, quelque soit la forme que ça prend.
Qu'est-ce que cela veut dire pour l'avenir du bluegrass ? Cela veut dire qu'il faut favoriser de la créativité partout : dans le management, la production, l'ingénierie, le marketing, le graphisme, ainsi que dans tous les autres aspects du business. Il faut expérimenter et prendre des risques ; il faut aimer et étudier les traditions ; il faut entretenir cette tension entre tradition et innovation dans tous ces domaines. C'est à chaque individu de réfléchir à ces idées par rapport à sa propre musique, son management, sa production, son marketing, etc. Comme certains étudient les complexités des traditions, d'autres étudient les évolutions et la performance dans le marketing, les pochettes, l'organisation de concerts…
J'avais une dernière chose à vous dire. Ce sont les jeunes qui tiennent l'avenir de cette musique entre leurs mains. Il faut prendre le temps de les encourager. Nous avons tous été marqués par les "grands" qui ont pris le temps de nous encourager et nous faire progresser. Si vous voyez un jeune qui joue un bon lick ou qui chante une belle chanson, dites-le lui. C'est tout ce qu'il faut faire : dire le bien que nous voyons. Cela portera ses fruits dans les années à venir pour le bien de cette musique.


Addendum - Oct 17, 2004

Concerne: The Stanley Bros: Why Chicks Dig 'Em
Date: 10/17/2004
From: RonBlock2
To: BGRASS-L@LSV.UKY.EDU


On a demandé sur Bluegrass-L pourquoi je n'ai pas parlé des Stanley Brothers dans ma conférence. En fait, d'une certaine manière, je l'ai faite quand j'ai dit que j'avais passé plusieurs années à n'écouter que du bluegrass traditionnel et à travailler pendant des heures les solos de Earl Scruggs, JD Crowe, Larry Sparks, George Shuffler, Clarence White et les autres. George a joué sur beaucoup des disques des Stanleys que j'écoutais à ce moment là … J'en ai fait des centaines de transcriptions, dont voici quelques uns que j'ai mis dans mon livre :
George Shuffler (from Stanley Bros recordings): Never Again, Gloryland, There is a Trap, Train 45, Old Love Letters, Can You Forgive, Stone Walls and Steel Bars, Pretty Polly, Don't Cheat In Our Hometown, Drunkard's Dream, Pretty Little Miss, Next Sunday Is My Birthday, Mountain Dew, Sunny Side of the Mountain, Lonely Tombs, I Just Came From Your Wedding, Will You Miss Me
Bill Napier (from Stanley Bros recordings): Daniel Prayed, Midnight Rambler, A Few More Seasons, Roll In My Sweet Baby's Arms, My Lord's Gonna Set Me Free
Junior Blankenship (from Ralph Stanley and the Clinch Mt Boys recordings): Sitting On Top Of The World, The Man In The Middle, Jealousy, Everybody Wants To Go To Heaven, The Darkest Hour, One Bad Case Of The Blues, Melody Of Love
Sans parler des 14 solos de Larry Sparks, Don Reno "Country Boy Rock and Roll", et cinq breaks de Clarence White.

Donc, voyez-vous, je suis assez fana des Stanleys, même si je ne les écoute pas autant que pendant mon adolescence.
Enfin, c'est de cette manière que j'ai parlé des Stanleys. Alors, pourquoi ne pas les avoir cités directement ? Par ce qu'ils ne cadrent pas avec le message que je cherchais à faire passer. A mon sens, les Stanleys ont pris le son bluegrass et, au lieu d'innover en avancant, ils l'ont "primitivisé" en se repliant sur leurs propres traditions. Ce n'est pas une critique - je suis heureux qu'ils ont fait ça. J'ai toujours aimé leur musique. Dans un sens, c'est de l'innovation - mais une innovation vers le passé, vers le son old time plutôt que vers le son moderne de Flatt & Scruggs, etc. Ce n'est pas l'innovation comme j'en parlais dans ma conférence. Pour moi, les Stanleys ont adapté le Bluegrass à leur style old time, plutôt que dans l'autre sens.

Ron